2013 (Archives)

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La première édition du festival Le Bruit de la Musique se tiendra du 16 au 18 août dans le village de Saint-Silvain-sous-Toulx en Creuse. Premier festival des musiques contemporaines dans ce département, il tentera sur trois jours d’appronfondir, d’étendre et de compléter le travail de transmission que l’association Ryoanji mène depuis déjà plus de quatre ans sur ce territoire et au-delà.

Transmettre ce n’est pas tant savoir que mettre en présence et partager des moments d’écoute et de relation à l’inconnu, à la surprise, à l’exigence et à la discipline de l’acte artistique. Il va sans dire que le spectacle vivant, qui tire précisément sa force à la fois de son aspect éphémère et de la persistance mouvante de la nécessité créatrice, n’existe que dans cette transmission et ce partage. Ecrites et/ou improvisées, mêlées à d’autres moyens d’expression (cette année l’art performance, le cinéma expérimental, la vidéo en temps réel, l’installation) les musiques proposées par les artistes invité(e)s – du solo au quatuor – sont autant de sources de surprise, de jubilation, d’étonnement, d’émotion et d’expérience.

Au plaisir de vous retrouver pour ces journées de festival.

Cordialement,

L’équipe du festival

VENDREDI 16 AOÛT

16h00 – Tomoko Sauvage

Tomoko SauvageTomoko Sauvage, musicienne et artiste sonore japonaise installée à Paris, a élaboré un système électro-acoustique à partir de bols de porcelaine de différentes tailles remplis d’eau et dans lesquels sont intégrés des hydrophones (des micros sous-marins Aquarian Audio). Elle joue avec le son des vagues et des gouttes d’eau qui résonnent dans les bols et elle en explore l’électroacoustique, directement liée à l’espace (en particulier le Larsen). Depuis la sortie de son album solo « Ombrophilia » chez either/OAR (US) en 2009, elle a réalisé de nombreuses performances en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, en solo ou en collaboration avec Momus, MC Schmidt (Matmos), Gilles Aubry, André Gonçalves… En 2011, une nouvelle série de bols en porcelaine a été réalisée pendant la résidence à La Pommerie (Corrèze) en collaboration avec Centre de recherche de céramique CRAFT (Limoges).
o-o-o-o.org

17h30 – Tony di Napoli & Ting Li-Ping

Ting Li-PingRencontre inédite entre le musicien-sculpteur Tony di Napoli et l’artiste performance Ting Li-Ping.

A l’écoute du matériau même de la pierre, nous laisser porter par notre imagination dynamique vers un temps rêvé où le son ne serait pas encore contraint par la musique, où l’on peut entendre la Terre avant toute vie, en « simple » objet cosmique travaillé par de multiples mouvements telluriques. Les pierres sédimentaires qu’utilise Tony di Napoli ont entre 326 et 345 millions d’années… et leurs vibrations sont comme à l’origine de toute écoute, où l’air qui la permet se souvient de ces époques initiales.

C’est donc à un voyage minéral que nous convient les deux artistes pour cette rencontre. Entrechoquées, frottées ou encore associées à d’autres matériaux, les pierres nous mènent à la fois à un étonnement sonore à et une reconnaissance.
www.liping.fr
www.panoptic.be/audiolanes/tonidinapoli.htm

20h30 – Furt : Richard Barrett & Paul Obermayer

Richard BarrettFurt est un duo de musique électronique, formé en 1986 par Richard Barrett et Paul Obermayer.
Leur musique se construit entre l’improvisation libre et la composition à partir principalement de matériaux issus du réel (échantillons, textures).
L’architecture de la musique explore, dans une magnifique vélocité, l’aspect physique du son et de son expressivité, grâce notamment à un sens aigu des ruptures, frictions, arrêts, changements très rapides des dynamiques.

«… ensemble, ils apportent deux stratégies, composition et improvisation, ainsi que les influences de la musique concrète. Leur musique est envoûtante, enivrante, et ouvre vraiment les oreilles». (Art Lange, Fanfare Magazine, novembre 2010)

«…Richard Barrett et Paul Obermayer ont développé au fil des années un modus operandi inégalable … où tout peut devenir un point focal dans la mesure où il n’y a pas le temps pour s’habituer, ce qui se joue étant de l’ordre de la fraction de seconde.
Le résultat global est souvent très excitant ….»
(Massimo Ricci, Touching Extremes, novembre 2010)

furtlogic.com

22h00 – Antoine Defoort : Indigence = Élegance

Antoine De FoortC’est quelqu’un, pas plus artiste que vous et moi, qui essaye de maintenir une bonne ambiance et un taux de porosité élevé entre ses lubies de saison, la vie, la vraie, et l’art contemporain. Il se retrouve donc souvent aux prises avec des contradictions flagrantes qui sont soit fièrement assumées, soit honteusement dissimulées au moyen de sauts du coq à l’âne et de digressions sauvages.Il conçoit en général des pièces de manière autonome (vidéos, films, son, installations, textes…), pour les agencer ensuite lors de performances transdisciplinaires hétéroclites et anti-thématiques, dans lesquelles le jeanfoutre cohabite avec le bien foutu et le tragique côtoie l’incongru.
Et puis, comme disent si bien les néérlandais :

«Antoine Defoort springt van de hak op de tak en maakt als humoristiche beeldenstormer de gekste zijsprongen.»

Indigence = élégance est à l’origine une compilation transdisciplinaire et antithématique de performances, de vidéos, de textes, le tout sous une forme de pseudo-conférence. Les éléments ont fini par se sédimenter, ce qui a donné lieu à l’apparition subreptice d’une quasi-architecture de presque-vrai-spectacle.

Je reformule : comme j’explique au début de mon intervention, les choses qui seront montrée n’entretiennent pas de rapports directs les unes avec les autres. Ceci dit et cependant, il existe des liens entre ces choses, mais qui auraient plutôt tendance à être dissimulés, tacites, souterrains. Des sous-liens. Des méta-liens.
Antoine Defoort
amicaledeproduction.com

SAMEDI 17 AOÛT

10h00 – Promenade commentée en forêt

ForêtTom Vierhout vous convie à une promenade dans les alentours de Saint-Silvain-sous-Toulx à la découverte de la faune et de la flore de cette partie de la Creuse. Il y sera bien sûr question d’écoute et en particulier des différentes espèces d’oiseaux présentes à cette période de l’année. Il y sera question de plantes et d’arbres, de fleurs et d’insectes, de rongeurs, de batraciens et si la chance vous sourit vous pourrez apercevoir les chevreuils ou les renards.

15h00 – La Septième Triple

La Septième TripleHsiao-Yun Tseng,Ya-Hui Liang, Jérémie Abt,Théo Merigeau
Doué d’une extraordinaire fluidité, exigence et précision, l’ensemble de percussion La Septième Triple fait aussi montre d’un toucher adapté, d’un goût affirmé pour le son sans omettre un certain sens de l’humour et de la dramaturgie quand il y a lieu.
De l’œuvre musicale pure à la musique en situation (théâtre musical) La Septième Triple présente des œuvres à géométrie variable associant instruments de la nomenclature occidentale et instruments d’autres traditions tel le zarb iranien.
Passionnés par le gamelan indonésien, les membres de l’ensemble séjournent régulièrement à Bali pour se perfectionner dans cet art qu’ils pratiquent à la Cité de la Musique de Paris.
myspace.com/laseptiemetriple

17h30 – Géraldine Keller

Géraldine KellerSoprano, son répertoire s’étend de la musique ancienne à la création d’œuvres contemporaines privilégiant la complémentarité des musiques écrites et improvisées.
Elle obtient d’abord une maîtrise d’arts plastiques et, parallèlement, elle étudie la voix, le jazz et le répertoire complémentaire en danse contemporaine et théâtre.
Elle chante les œuvres de nombreux compositeurs dont François Rossé, Gualtiero Dazzi, Jean-Pierre Drouet, Giacinto Scelsi, Georges Aperghis, John Cage, Luca Francesconi, Gyorgy Kurtag.
Elle collabore avec des compagnies de danse, de théâtre musical et de théâtre d’objet dont Cie Adèle Riton Strasbourg, Ce Blu Italie, Cie Le Grain Bordeaux, Cie Malene Hertz Danemark, Cie Archipel Indigo Strasbourg, Cie Médiane Strasbourg, avec lesquelles elle crée de nombreux spectacles sur les scènes françaises et européennes.

21h00 – Mets-moi au trou petit gendarme / Cie Mamaille

Cie MamailleOpérette en un acte d’Ivan Gruselle Livret d’Hélène Géhin
avec Hélène Géhin (mezzo-soprano): la marquise du Clairon, la soubrette. Ivan Gruselle (baryton, organiste): le gendarme, le voleur, l’ambassadeur de Belgique.
Dans une mise en scène de Laurent Fraunié.
Avec un dispositif scénique conçu et réalisé par Jéranium et Man’hu.
Et des costumes de Bernadette Kozak.

Avec « Hélène et Ivan chantent les classiques », leur précédent spectacle, Hélène Géhin et Ivan Gruselle ont créé un duo vocal et théâtral: deux chanteurs viennent en scène donner un récital classique de grands airs (Berlioz, Fauré…), les voix sont lyriques et les arrangements musicaux variétés ou pop sont diffusés à partir d’une chaîne stéréo de salon qu’ils actionnent à partir d’une télécommande. Entre chaque morceau, ils parlent au public avec une naïveté déconcertante.
Armés de la volonté de « bien faire », les personnages « Hélène et Ivan » laissent apparaître au grand jour les différentes émotions qu’ils traversent sur scène: le doute, la joie, la fierté, la réflexion en temps réel, l’écoute, la gestion des « accidents »… Leur engagement est parfois excessif et maladroit mais leur interprétation des morceaux est classique et poétique.
Avec « Mets-moi au trou petit gendarme! », ces deux personnages se retrouvent à la base de l’argument. Ce qui se joue en effet ici, c’est « Hélène et Ivan montent une opérette, ils sont deux pour jouer cinq personnages, tout est mis en œuvre pour que cette entreprise réussisse, grâce à une machinerie à la fois drôle et performante qu’ils actionnent eux-mêmes, devenant les chefs d’orchestre d’une aventure artistique ambitieuse ».

22h30 – Filmbase : Riojim & Lionel Palun

FilmbaseFilmbase est une performance vidéo et projecteur 16 mm.
Riojim improvise à partir de montages de films qu’il réalise, en jouant sur la vitesse, les optiques, le rythme, la détérioration de la pellicule. Lionel Palun capte en direct cette matière et la retravaille en feedback vidéo, en delay, en écho, l’étire ou la comprime. Le résultat est un mélange saisissant, les deux matières se confondant en une pure dynamique de lumière. Le son est traité dans le même esprit que l’image, un mix de bande optique de pellicule et de signaux vidéos devenus éléments musicaux.

Riojim projecteur 16 mm
Lionel Palun vidéo-invidere ware
www.lionelpalun.com/lp/

DIMANCHE 18 AOÛT

11h00 – Alessandra Rombolá

Alessandra Rombola Elle est principalement spécialisée dans les techniques "étendues" de la flûte, avec l'intention d'explorer le langage de la musique contemporaine et de développer sa propre identité musicale.
Basée à Madrid depuis 2000, elle a collaboré avec différents groupes et ensembles tels que «Escuela Reina Sofía" Orchestra, l'Ensemble "Cosmos XXI", Flute Ensemble "E-Wave", "Proyecto Guerrero", "Ensemble Pluriel", " OperaNova "," Ensemble Madrid " etc.

Continuum Concert est conçue comme une suite ininterrompue où se succèdent improvisations et pièces écrites. Par l’improvisation, l’interprète tisse une toile qui relie les pièces, créant un continuum musical pour l’auditeur.
L’auditeur et l’interprète deviennent partenaires dans le geste de créer et re-créer la musique. Parce le temps réel existe de manière continue.

Programme (sujet à changements):
-Improvisation-
-Alberto Posadas, Eridsein (1995)
-Improvisation-
-José Luis Torá, Kaspar Hauser Lied (1993)
-Improvisation-
-Salvatore Sciarrino, All’ aure in una lontananza (1977)
www.alessandrarombola.com

14h30 – Jean-Christophe Camps : le journal d’informations parlé

Vous vouliez être à l’heure pour le concert – du coup, vous étiez dans les transports au moment du journal télévisé – et vous avez loupé les informations..
Zut !
Je remédie à ce souci. Le « journal », je l’ai enregistré, et propose d’en écouter des extraits. Ainsi, je résume le journal avant le concert du soir. En fait de résumé, cela risque bien d’être plutôt un commentaire, et peut-être même un commentaire du journal de la veille, car la tendance à l’amnésie semble se développer. Alors, des informations, vraiment …. Spécialement sur les « producteurs » de ces dites informations: Bertelsmann, Bouygues, François Pinault, Vivendi Universal, Lagardère, Dassault, Wendel investissement. Ces propriétaires – d’un quasi monopole – de télés, de radios, de journaux et magazines, de disques, de films, de nos lectures, de nos dictionnaires, de l’eau de notre robinet, …. bientôt de nos rêveries et nos imaginaires. Les futurs producteurs de notre quotidien, si on n’y prend garde.
Candide face au journal, puis « Brighella » d’une Commedia dell’Arte d’aujourd’hui, lié, comme vous, à mes abonnements comme à un boulet, je présente, sur un tableau, le pouvoir de ces groupes et leur solidarité mutuelle, bien loin de la concurrence que l’on voudrait nous imposer. On rit jaune, en attendant d’agir. Se moquer, c’est déjà se révolter, un peu.

16h00 – Youpiks

YoupiksSpectacle très jeune public

Ils ont des nids dans les cheveux et des oiseaux. Ils naviguent à la cime des arbres sur la mer de feuillage. Ils envoûtent les chats géants pour qu’il labourent leurs champs. Ils portent des bottes en terre ferme pour ne pas avoir le mal de mer. Ils profitent de leurs bouillonnements d’idées pour cuire des œufs sur leurs têtes. Chaque année, à la fin de l’hiver, ils célèbrent la fête du rire. Ils offrent alors leurs éclats de joie à la nouvelle année pour qu’elle soit douce et clémente avec eux.

Ce spectacle proposé par Marie Bouchacourt, cousu au fil de ces histoires propose une visite guidée de leur pays fabuleux.

17h30 – Eve Risser & Joris Rühl

Eve Risser & Joris RühlDeux musiciens qui se connaissent depuis leur tendre enfance, depuis les deux villages alsaciens voisins qui les ont vus grandir : Joris Rühl (clarinette) et Ève Risser (piano « augmenté »).
Ils ont choisi, selon leurs propres mots, de nous présenter une musique de l’illusion, de la confusion des sources sonores.
Ils utilisent pourtant des instruments aux potentiels biens lointains. Mais la variété des objets manipulés au sein même du piano et la recherche des convergences par les deux instruments rendent l’identification de l’origine des sons bien délicate par moments.
Leur musique se déploie lentement, souvent dans les aigus, voire les suraigus, à la manière de drônes complexes, avec parfois pour seuls à-coups quelques notes frappées sur le clavier, ou des coups de mailloche directement sur les cordes. Un continuum de variations des matières sonores, des agrégats composites, surprenant lorsqu’on songe que seuls deux instruments opèrent, sans manipulation électronique (sauf un archet électronique assure une vibration continue des cordes du piano).
Bien des paysages acoustiques nous traversent, s’enchevêtrent. L’écoute « en aveugle », acousmatique* laisse notre mémoire opérer des associations impossibles, esquisser des espaces poétiques, nous lavant de toute cette « boue » sonore dans laquelle nous pataugeons.
Une musique envoûtante, qui fascine, nous plongeant dans une forme d’hypnose auditive, de séduction addictive.
Anne Montaron, France Musique

* Acousmatique : « Un son acousmatique – que l’on entend sans voir la cause dont il provient – est ressenti comme lieu secret, énigmatique, où le savoir se cache ».

21h00 – Bal avec la Cie Mamaille

Hélène Génin et Ivan Gruselle dans le juke-box !

Et pendant toute la durée du festival, installation sonore et visuelle permanente de Tony di Napoli au château de La Roche

Tony di Napoli